La conjoncture économique et sociale / Les Orientations budgétaires 2012
Assemblée plénière du 4 novembre 2011
Depuis quelques années, le CESER ouvre la séance consacrée à l’examen des Orientations budgétaires du Conseil régional par un débat sur la situation de l’économie et de l’emploi dans notre région. Le débat de cette année a été l’occasion, pour toutes les composantes de l’assemblée, de s’exprimer sur une conjoncture préoccupante et sur les moyens d’agir dans l’intérêt du développement de la Champagne-Ardenne.
SUR LE PLAN ÉCONOMIQUE. L’amélioration du classement de la Champagne-Ardenne, en termes de PIB par habitant et par emploi (5ème et 6ème rangs des régions françaises), peut sembler satisfaisante, mais doit être relativisée à la lumière du recul du PIB régional : la baisse de la population régionale et les pertes d’emplois importantes constatées en 2009 se traduisent mécaniquement par une augmentation de cet indicateur.
La reprise d’activité de 2010 est également à relativiser par le recul qu’elle a subi au 3ème trimestre de la même année. Compte-tenu du recul de la croissance annoncé pour 2011, on peut craindre une nouvelle dégradation. Le secteur de la construction restant en très forte tension en Champagne-Ardenne, le ralentissement de l’investissement public risque d’avoir un impact négatif sur une reprise pérenne de l’activité.
Le commerce extérieur champardennais a retrouvé, assez rapidement, sa vigueur d’avant crise, notamment du fait du fort accroissement des exportations (industrie, champagne).
Indice résumé de l’activité
SUR LE TERRAIN DE L’EMPLOI. La reprise enregistrée au 2e trimestre 2011 reste fragile et l’intérim est plus que jamais une variable d’ajustement alors que les PME ont toujours très peu de visibilité sur leur niveau d’activité à venir, particulièrement dans l’industrie. Au-delà des effets de la récente crise, la précarisation de l’emploi continue de s’amplifier. L’accroissement de l’intérim et des CDD semble conduire à une amplification de la déstructuration sociale et confirme la tendance à la désindustrialisation de l’économie champardennaise avec des conséquences inévitables sur d’autres secteurs (services aux entreprises...).
Faible niveau des qualifications, faiblesse accrue du salaire moyen, départ des jeunes et faible dynamisme de l’activité, vieillissement de la population et besoins de services non satisfaits, raréfaction des services publics, sont autant de symptômes qui pourraient gravement compromettre l’avenir de nos territoires en particulier les plus défavorisés et fragiles.
SUR LE MARCHÉ DU TRAVAIL. Si la baisse du taux de chômage semble s’installer en région (-0,1 point sur le trimestre), il faut néanmoins constater que les taux de chômage ne reflètent pas les mêmes réalités ni les mêmes facteurs d’évolution selon les territoires.
Taux de chômage
L’augmentation du nombre de chômeurs de longue et de très longue durée (CLD et CTLD) est d’autant plus inquiétante qu’elle atteste du fait que les politiques de lutte contre l’exclusion manquent d’efficacité. La crise accentue les effets du chômage, alors que certains dispositifs d’insertion ont été réduits. Les difficultés d’entrer dans des processus de transition professionnelle persistent, d’autant plus que les évolutions technologiques suscitent des besoins grandissants en qualifications. Ainsi, le taux de chômage baisse en Champagne-Ardenne alors que le nombre de chômeurs de longue durée et de chômeurs de très longue durée augmente fortement. Le diagnostic, déjà formulé par le CESER, d’un enfermement dans une spirale d’exclusion du marché du travail et de dégradation de la situation sociale reste donc d’une actualité prégnante. Ce diagnostic est d’autant plus renforcé que, le nombre de chômeurs de longue durée augmentant, celui des chômeurs de très longue durée risque de s’amplifier encore plus demain, de même que le nombre d’allocataires du RSA après-demain. Ce risque est particulièrement lourd pour la région et ses quatre départements.
EN CONCLUSION. Si l’économie champardennaise semble en moins mauvaise santé, la très faible croissance ne permet pas encore de faire remonter le niveau de l’emploi au niveau d’avant la crise de 2008.
La précarité grandissante devrait d’autant plus interpeller que, si le chômage global est plutôt reparti sur une pente légèrement descendante, il n’en est pas de même pour le chômage de longue durée et encore moins celui de très longue durée.
La situation économique, la reprise à la hausse du chômage, ne sont pas sans conséquences sur les financements nécessaires que la Région devra mobiliser dans le cadre de ses compétences en matière de soutien à l’activité et à la formation des demandeurs d’emploi pour aller vers plus d’investissement créateur de richesses et d’emplois.
REGARDS CROISES : retrouvez les points de vue de Marie-Claude BRIET, représentante du collège des organisations professionnelles de salariés, et de Pierre POSSEME, représentant le collège patronal, sur la situation socioéconomique de la Champagne-Ardenne.