CONSTAT
Avec - 0,1 % au 4T2010 et - 0,4 % sur un an, le taux de chômage en Champagne-Ardenne baisse pour le quatrième trimestre consécutif (9,4 % au 4T2010 contre 9,2 % à l’échelon national). Au 4T2010, le taux de chômage a baissé de 0,1 % dans les Ardennes (11,2 %) et la Haute-Marne (9 %). Par contre, il stagne dans la Marne (8,5 %) et l’Aube (9,8 %). Revin (12,8 %), Sedan (12 %) et Charleville (11,3 %) restent les pôles aux taux de chômage les plus élevés, alors que Épernay (7,4 %) et Langres (7,8 %) sont les pôles où il est le plus faible.
Les demandeurs d’emploi de catégorie A ont globalement connu une hausse de leur effectif sur le dernier semestre de 2010, mais celui-ci baisse en janvier et février 2011 (- 0,5 % et - 0,4 %). Les DEFM de catégorie ABC sont 86 689 inscrits en février 2011. Sur un an, le nombre de DEFM de catégorie A a augmenté moins vite en région qu’au plan national (+ 0,8 % contre + 1,3%), contrairement aux catégories ABC (+ 5,2 %, contre + 4,1%) et ABCDE (+ 4,8 % contre + 4,6 %).
En catégorie A, le nombre d’hommes demandeurs d’emploi, après avoir globalement augmenté au second semestre 2010, diminue début 2011 (- 1,1 % en janvier et - 0,8 % en février). Sur un an, il diminue de 2,2 % alors que les effectifs féminins ont enregistré une hausse de 4,6 %. Mais les effectifs féminins s’inscrivent en léger repli sur le mois de février.
Le nombre de jeunes demandeurs d’emploi baisse fortement depuis un an (- 8,3 % en janvier 2011 par rapport à janvier 2010). Au contraire, les effectifs des « 50 ans et plus » sont sur une pente ascendante (+ 14,6 % sur un an).
Sur les derniers mois, l’augmentation des DEFM de catégorie ABC est plus le fait des chômeurs d’un an ou plus (33 074 en février 2011, près de 4 000 inscrits supplémentaires) que des chômeurs de moins d’un an (53 615 en février 2011, moins de 500 inscrits en plus). Sur un an, en catégorie A, les effectifs de chômeurs de longue durée diminuent légèrement (- 0,9 %, mais + 65 % depuis janvier 2008) alors que ceux des chômeurs de très longue durée augmentent de 21 %.
Les déclarations uniques d’embauches augmentent légèrement sur un an (+ 0,4 %), mais les CDD sont très majoritaires (70,2 % de l’ensemble).
Au 31 décembre 2010, la Champagne-Ardenne compte 40 259 allocataires du RSA (+ 6,1 % sur un an). Le nombre de DEFM allocataires du RSA a augmenté plus vite (+ 32,3 % sur un an) et notamment dans la Marne (+ 37,8 %).
DIAGNOSTIC
La baisse du taux de chômage semble s’installer en région, ce qui est a priori satisfaisant. C’est plutôt le chômage des hommes qui recule régulièrement depuis un an. Il faut néanmoins constater que les taux de chômage ne reflètent pas les mêmes réalités ni les mêmes facteurs d’évolution selon les territoires. Par exemple, pour Épernay et Langres où les taux de chômage sont les plus faibles de la région, on a, d’un côté, un pôle dynamique (effet du champagne) et, de l’autre, un pôle qui perd de la population, faute d’activité suffisante.
Si les deux courbes du chômage des hommes et des femmes sont encore très éloignées, elles tendent néanmoins à se rejoindre depuis début 2010 (avant la crise de 2008, ces deux courbes se juxtaposaient). Cet écart indique que la période de choc économique est encore bien présente en région, dans la mesure où les femmes s’inscrivent moins au chômage dans les périodes de forte crise économique.
Au-delà des effets de la démographie, la diminution du nombre de jeunes inscrits au chômage montre uniquement qu’ils sont plus mobiles que les tranches plus âgées de la population.
Mais l’augmentation du nombre de chômeurs de longue et de très longue durée (CLD et CTLD) est d’autant plus inquiétante qu’elle atteste du fait que les politiques de lutte contre l’exclusion manquent d’efficacité. La crise récente a accentué les effets du chômage, alors que certains dispositifs d’insertion ont été réduits. Les difficultés d’entrer dans des processus de transition professionnelle persistent, d’autant plus que les évolutions technologiques suscitent des besoins grandissants en qualifications. Ainsi, le taux de chômage baisse en Champagne-Ardenne alors que le nombre de CLD et de CTLD augmente fortement. Le diagnostic, déjà formulé par le CESER, d’un enfermement dans une spirale d’exclusion du marché du travail et de dégradation de la situation sociale (précarité et paupérisation), reste donc d’une actualité prégnante. Ce diagnostic est d’autant plus renforcé que, les CLD augmentant, le nombre de CTLD risque de s’amplifier encore plus demain, de même que le nombre d’allocataires du RSA après-demain. Ce risque est particulièrement lourd pour la région et ses quatre départements.
RAPPEL DE QUELQUES PRÉCONISATIONS DU CESER
Conditionner les interventions et aides de la Région aux actions portant sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes ;
Impliquer les territoires dans leur diversité, notamment par le biais des contrats de Pays et des différents contrats territoriaux, en intégrant de façon systématique la question de l’emploi à travers la sécurisation du parcours dans les documents d’orientations et dans les conventions de financement ;
Susciter toutes les formes innovantes de coopération sur les territoires en les appuyant, soit par de l’ingénierie, soit par du financement.
LE CESER S’INTERROGE
Comment mieux soutenir, au niveau régional, les politiques de lutte contre les exclusions ?
Dans les politiques de solidarité nationale et d’aménageur global du territoire, quel est l’impact réel de l’État ?